• Anatomie des relations

    Cette rubrique expose de façon très succincte quelques notions présentées par différents formateurs. Notamment Jacques Salomé, ou Jean-Jacques Crèvecœur, dans le deuxième module ("Lire les relations") de sa formation ARA (Atelier des Relations Authentiques et respectueuses), que nous ne saurions assez recommander de suivre (nous n'avons aucun conflit d'intérêt, direct ou indirect, avec Jean-Jacques Crèvecœur).

    Leur intérêt est de permettre d'établir un diagnostic sur toute communication : qu'est-ce qui fonctionne bien, qu'est-ce qui est malade et comment le soigner, etc. ? D'où le titre de la présente rubrique : "Anatomie des relations".

     Symbolisation de la relation.

    Jacques Salomé utilise une écharpe pour symboliser la relation. Il explique que celle-ci a deux bouts, que chacun des deux est responsable de son bout et qu'il ne saurait être question de faire intervenir une tierce personne dans cette relation. Il donne une liste de ce qu'il appelle les poisons de la communication.

    Jean-Jacques Crèvecœur développe, quant à lui, la notion de bande porteuse (voir ci-dessous).

    En ce qui nous concerne, pour rester dans la logique de l'anatomie, nous comparerions volontiers la relation aux réseaux qui permettent le transport des éléments dont le corps a besoin pour fonctionner. Nous pensons, notamment, aux réseaux digestif, urinaire, nerveux et, surtout, sanguin.
     

     

    Anatomie des relations : Photo de Dids, sur Pexels

    Photo de Dids: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/lumineux-modele-brouiller-interieur-5114952/ Photo de Dids, sur Pexels

     

    Tour de Belem, à Lisbone - Carlos Koblischek, FreeImages

    Tour de Belem, à Lisbone - Carlos Koblischek, FreeImages

     Les 3 niveaux de la communication.

    D'après Jean-Jacques Crèvecœur, dans une communication, il est possible de distinguer 3 niveaux :

    •  le 1er niveau, qui est le message verbal ou message explicite, constitué uniquement des mots prononcés par l'émetteur ;
    • le 2e niveau, qui est le message implicite, ou message non verbal de l'émetteur, constitué par le langage corporel de celui-ci : intonation, mimiques, gestuelle, regard, transpiration, rougeur ou pâleur, etc. ;
    • le 3e niveau, qui est constitué par tout le reste et n'est ni verbal, ni corporel : l'intention cachée de l'émetteur, c'est-à-dire son projet implicite et/ou son attente implicite et/ou les enjeux (matériels, relationnels ou personnels) implicites pour lui, sans oublier son histoire personnelle, ses croyances et tout ce qui peut expliquer le projet, l'attente, les enjeux précités. Le 3e niveau, c'est ce qui pousse l'émetteur à communiquer et à communiquer de cette façon-ci, son mobile, son intention, son moteur.

     
    Remarques du formateur :

    • Dans une communication, il y a un message explicite unique et plusieurs messages implicites possibles : n'étant pas dans la tête de l'émetteur, je ne peux que supposer ce qui s'y passe.

    • Le message implicite peut-être très différent, voire contraire au message explicite, surtout quand la relation est mauvaise, et c'est alors à lui, le message implicite, qu'il faut se fier. Par ex. : "Bravo ! Il y avait une seule bêtise à faire et tu as réussi à la faire !"

    Nous poursuivons notre analogie entre le champ de la communication et celui de la médecine, en ce qui concerne le diagnostic :

    • le 1er niveau correspond aux informations données par l'examen visuel du patient : quel est son aspect extérieur, celui de la bouche, de son nez, de ses oreilles, de ses yeux, de sa peau, etc. ? Que nous disent ces éléments sur son état de santé ?
    • le 2e niveau, ce sont les informations glanées en interrogeant le patient sur son ressenti : fatigue, froid/chaud, démangeaisons, douleurs, difficultés à manger, déféquer, uriner, etc., et qui peut être confirmé par des examens complémentaires, à l'intérieur du corps (analyse de sang, biopsie, encéphalogramme, scanner, radiographie, etc.)
    • le 3e niveau, ce sont les informations recueillies en questionnant le patient sur son histoire plus ou moins récente : évènements et maladies d'enfance, antécédents familiaux, accidents et opérations subies, etc.

    La bande porteuse relationnelle.

    Par analogie avec la bande porteuse ou bande passante dont on parle en matière de radiodiffusion ou d'informatique, Jean-Jacques Crèvecœur appelle "bande porteuse" le "tuyau" transportant les messages et permettant au contenu de la communication de circuler entre les 2 personnes concernées. Si le tuyau est défectueux, encombré ou trop étroit, la communication devient difficile, voire impossible. C'est pourquoi il faut, d'après le formateur, s'occuper de la bande porteuse avant de s'occuper du contenu. En d'autres termes, il est inutile de chercher à échanger de façon intéressante, riche, fructueuse, avec quelqu'un avec qui la relation est mauvaise.

    Vivre une relation/communication respectueuse, authentique et efficace nécessite de créer la bande porteuse, de l'entretenir et, le cas échéant, de la réparer.

    Pour avoir une bande porteuse de bonne qualité, il faut que 3 conditions, dites RAS, soit réunies pour chacun des 2 participants :

     

    La bande porteusePhoto de Mihai Andoni / FreeImages

    • Reconnaissance de la réalité de l'autre,
    • Acceptation des messages reçus, sans jugement sur leur contenu,
    • Sécurité (absence de menaces).

     La qualité de la bande porteuse va être influencée, notamment, par

    • les jugements, qui nuisent à l'Acceptation,
    • les scénarios de contrôle, qui nuisent à la Reconnaissance,
    • les névroses relationnelles, qui nuisent à la Sécurité.

    Nous vous invitons à vous reporter au livre ou à la formation de Jean-Jacques Crèvecœur pour approfondir ces notions que nous ne pouvons qu'évoquer ici.

    Sourire de juge

    "Sourire de juge"

     Photo de Grant Helton / FreeImages

     

    Les jugements.


    Ce sont des opinions travesties en vérités objectives, indiscutables.

     

     

    Voici un certain nombre de jugements, qui n'en seraient plus s'ils étaient précédés par "Je crois que", "Je pense que", "Il me semble que", "À mon avis", etc. :

    « C'est mal », « Il est méchant », « C'est une jolie fille » ;

    « Je suis réservée » ;

    « C'est scandaleux » ;

     « Les hommes ne pensent qu’à ça », « Dans cette maison, c'est toujours moi qui m'occupe de tout ! » ;

    « Tu refuses de m'écouter », « Elle est d'accord avec moi » ;

    « C'est de ta faute, si tu m'avais écoutée, cela ne serait pas arrivé » , « C'est le libéralisme qui nous a conduits à cette situation » ;

    « Je n'y arriverai pas », « Notre équipe va perdre ».

     Parmi les poisons évoqués par Jacques Salomé, figurent :

    • la disqualification, qui fait partie des jugements et nuit à l'acceptation ;
    • la menace, le chantage, qui nuisent à la sécurité ;
    • l'injonction, exemple de scénario de contrôle nuisant à la reconnaissance.