• Ni parasites, ni nantis, ni assistés : les retraités sont des assurés !

    Article de Thierry Benne publié sur le site de l'IREF le 15 avril 2019.

    En pleine réforme des retraites, une fable redoutable nuit considérablement aux retraités, en faisant croire qu’ils sont quasiment les obligés de la population active, parce que les cotisations des actifs financent leurs pensions. Pour mieux réfuter cette mystification, nous la disséquerons dans un premier temps (I), puis nous la dissiperons à travers le triple spectre d’une approche juridique (II), assurancielle (III) et statistique (IV). Ceci fait, nous reviendrons brièvement sur les vérités à rétablir (V) et avant de conclure (VII), nous proposerons une synthèse (VI) qui montre qu’en réalité, les retraités ne sont ni des parasites, ni des assistés, mais bien des assurés ou des ayants droit.

    Sommaire

    - I – LA FABLE OFFICIELLE

    - II - L’APPROCHE JURIDIQUE

    - III – L’APPROCHE ASSURANCIELLE

    - IV – L’APPROCHE STATISTIQUE

    - V – LES VÉRITÉS À RÉTABLIR

    - VI – LA SYNTHÈSE

    - VII – CONCLUSION

    I – LA FABLE OFFICIELLE

    D’éminents spécialistes des retraites et le Président Macron lui-même, ne cessent de la répéter en boucle. Tous prétendent que, puisque les cotisations des actifs ont servi à payer les pensions des retraités, lorsque ces actifs arrivent à la retraite, ils n’ont en conséquence plus aucun droit propre ou personnel à faire valoir. Partant, les retraités ravalés au rang de parias sont systématiquement exclus :

    - de toutes les instances publiques qui débattent et qui décident des retraites (notamment Conseil d’Orientation des Retraites, Comité de Suivi des Retraites et Haut-Commissariat à la Réforme des Retraites...),

    - de la plupart des Conseils d’Administration des Caisses qui leur versent leurs pensions.

    Or cette analyse discriminante cumule deux défauts :

    - elle repose sur deux hold-up absolument abracadabrants :
    le premier au détriment des cotisants, lorsque leurs cotisations sont affectées sans retour au payement des pensions en cours,
    le second quelques décennies plus tard au bénéfice des mêmes cotisants lorsqu’ils deviennent à leur tour retraités, puisque qu’ils récupèrent alors à leur profit le droit de "rapine" que les retraités de la génération précédente auraient exercé sur leurs propres cotisations ;

    - elle découple abusivement les cotisations des pensions et ces dernières deviennent de simples dépenses publiques relevant de l’assistanat. Ce déclassement de leurs pensions ravale les retraités au rang de parias, dont on ne se rappelle opportunément l’existence qu’aux échéances électorales majeures et la plupart du temps pour les berner (cf. la garantie "macronienne" du pouvoir d’achat !).

    En réalité, économiquement injuste et socialement désastreuse, cette analyse est surtout juridiquement fausse, comme le prouvent les deux prismes convergents de l’analyse institutionnelle et de l’analyse assurantiel, auxquels vient récemment de s’ajouter l’évaluation par l’INSEE des engagements résultant de la répartition.

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